Pour la pratique, on est convoqués à 7h30, il faut donc arriver à 7h.
Bon pied bon œil, je suis à l'heure, là, pas facile de repérer le vestiaire (eh oui, il faut être en tenue professionnelle super glamour) le temps de trouver quelqu'un pour me renseigner et de me changer, quand je sors, j'entends : "Claire, elle est pas là ?". Là, je cours en craint, Siiiii ! Même s'ils ont été sympas, ça m'a fait monter la pression d'un cran. Avant le début de l'épreuve, on a le droit de commencer à préparer notre poste de travail, là, je regarde un peu ce que font les autres, ils ont l'air super à l'aise (en même temps, ils ont été formés là), et j'essaie de les imiter (ok, pâle copie quand même).
On nous appelle pour la distribution des sujet et la phase écrite de l’examen (une demi heure pour organiser notre journée en fonction du sujet). Ça, c'est ok, pas de soucis particulier, j'en ai fait pas mal dans l'année.
Mais la découverte du sujet, c'est le drame :
- Entermets : Mascotte (merci Lenôtre d'avoir inventé ce gâteau), c'est une génoise et de crème au beurre à la meringue italienne, mais la blague, c'est qu'il faut le monter à la palette (comme un maçon quoi) alors que j'ai passé l'année à faire des gâteaux super calibrés dans un cercle.
- Tarte : tarte bourdaloue, ok, ça j'en ai fait quelques unes.
- Pâte à choux pâte feuilletée : galette des rois (malgré le CAP, je n'en ai fait qu'une en janvier pour ne pas prendre trop de poids), sans fève, on est quand même en juin. La pâte feuilletée j'aime bien, mais le résultat n'est pas extraordinaire à chaque fois.
- Viennoiserie : brioches en forme de pain au lait, pas de soucis, de toute façon, tout sauf des croissants ou mains au chocolat que je n'ai jamais domptés.
Retour au labo à 8h et début des hostilités. Je commence par la pâte feuilleté, puis la pâte à brioche jusqu'ici tout va bien, si ce n'est que le robot que j'ai a un peu de mal à pétrir (la pâte ne reste pas au fond, elle fait de la varappe sur le crochet, du coup, il faut que je la redescende sans arrêt), mais ça le fait.
Pâte à tarte, je la trouve un peu molle quand même, je me paie le culot de rajouter de la farine, parce que sinon, ça va vraiment pas le faire.
Génoise, les doigts dans le nez (enfin non parce que c'est pas propre, mais en pensée si. Le crème au beurre, je ne suis pas sûre d'avoir pris la bonne méthode, et j'ai oublié d'enlever une partie de la meringue italienne, mais le résultat était très bien. Pour le montage, ça se corse un peu quand même. Je vois les autres faire un truc super droit, et quand j'essaie, bah ça ne marche pas, alors je l'ai fait en version rustique, c'est pas lisse, mais c'est un parti pris esthétique (je suis la reine de l'esthétique).
Les deux jury sont venus me faire mes oraux, ça s'est bien passé, pas de soucis.
Une bonne demi heure avant la fin de la matinée, je façonne mes brioches en forme de pain au lait, et le jury revient me poser des question (je garde pour moi mon : "mais vous êtes déjà venus..." mais ils viennent plusieurs fois dans la journée, et cela semble normal à tout le monde). Là questions sur le rôle du sel dans la brioche, normal, je suis en train de les faire. Je réponds (pas sûr que j'ai tout bon), dernière question, que se passe-t-il quand on pétrie si on a oublié le sel ? Je cherche, je ne vois pas, du coup je ne trouve rien d'autre à dire que : "je ne sais pas, ça ne m'est jamais arrivé." avec un grand sourire genre, excusez moi, je suis blonde.
Pause de midi, pour ne pas perdre le fil, je reste manger dans le vestiaire.
Reprise une demi heure plus tard. Bon l'après midi a été beaucoup plus laborieux (je suis fonctionnaire, je n'ai pas l'habitude de travailler autant... ok, en vrai, c'est le stress qui commence à prendre le dessus).
J'arrive à tout faire, ma galette des rois a même eu un feuilletage comme je n'en avais jamais eu (elle faisait presque 10cm de haut).
Je sors tout. Après c'est ménage, et là ça devient dur pour moi de rester concentrée et attentive. A la fin du ménage, on doit aller nettoyer la salle où le jury a goûté et délibéré. Je vois mes brioches, et prise d'une grosse fin, je décide d'en goûter une (ce que tout le monde faisait). Là, je comprends pas de sel dans mes brioches, elles sont immangeables, elles ne sont pas dorées, et le mie est dure, compacte, pas du tout comme il faut... Il est malin le jury et il dû bien se marrer de ma naïveté.
L'avantage, c'est que si ça me coûte mon CAP, c'est tellement ridicule que ça me fera quand même marrer (euh, après avoir pleuré peut être quand même).